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This article was written on 20 Déc 2012, and is filled under A lire, Articles sur l'auteur.

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Un prêt public au centre d’une polémique

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L’État français a accordé un prêt pour aider une plateforme marocaine accueillant des activités de service. Une association estime que le gouvernement favorise ainsi les délocalisations. L’État s’en défend.

La France soutiendrait la délocalisation d’activités de services au Maroc. La principale association d’informaticiens, la Munci, dénonce en effet l’attribution par l’État français d’un prêt visant à soutenir une structure marocaine accueillant des activités tertiaires.La semaine dernière, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ont signé des accords de coopération avec le Maroc. Hormis des prêts consentis pour favoriser le développement d’infrastructures, l’agence française de développement (AFD), la structure française chargée du développement, a accordé un prêt de 150 millions au groupe marocain Medz.Sur ce montant, «100 millions d’euros serviront au refinancement des activités Offshoring développées par la société Casanearshore», souligne l’AFD dans un communiqué. Casanearshore, filiale à 100% de Medz, est une plateforme dédiée à l’activité tertiaire. Située à quelques kilomètres de Casablanca, Casanearshore emploie près de 20.000 personnes. Une centaine de multinationales, comme Atos, HP, Logica ou Steria, ont ainsi délocalisé certaines activités de service dans ce centre où la main d’œuvre marocaine, peu coûteuse, qualifiée et francophone est attractive.

Le prêt vise à désendetter une société affirme l’AFD

Régis Granarolo, président de l’Association professionnelle des informaticiens, la Munci, fulmine. A ses yeux, l’accord est un encouragement à la «re-délocalisation» alors que près de 36.000 informaticiens sont au chômage en France. Il confie au Parisien-Aujourd’hui en France qu’une «mobilisation nationale» pourrait être organisée. De son côté, Manuel Jacquinet, chargé de mission auprès de Jean-Louis Borloo en 2004 pour développer la filière centres d’appels en France et auteur d’un rapport visant à créer 15.000 emplois en France a adressé une lettre ouverte à Laurent Fabius (ministre des Affaires étrangères) et Pierre Moscovici (ministre de l’Economie) intitulée «100 millions d’euros prêtés par le gouvernement français pour installer des centres d’appels ou de BPO à Casablanca – et moi, et moi?». Selon lui, l’aide va «favoriser encore plus la délocalisation des deux seules industries tertiaires qui créent le plus d’emplois depuis des années: celle de l’informatique, et celle des services clients et hotlines téléphoniques».

Contacté par Le Figaro, Joël Daligault, directeur de la représentation au Maroc de l’AFD, défend les accords signés. Il soutient que les prêts octroyés ne visent pas à financer de nouvelles activités Offshoring ou de centres d’appel mais «à permettre à la société Casanearshore, filiale à 100% de Medz, de se désendetter auprès des banques locales. L’objectif est de permettre à d’autres filiales d’accéder à des prêts bancaires locaux».

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