AMBUSH

Information

This article was written on 21 Juin 2011, and is filled under Articles rédigés.

Current post is tagged

, , , , , , , , , ,

The boss orphelin de the big man

Ce qui m’a toujours frappé, dès les premiers morceaux découverts dans les disques de Bruce Springsteen, c’est ce mur du son, cette apparente chasse en bande à laquelle chaque musicien vient apporter sa touche, pour construire un boucan énorme dans lequel pourtant tous ont leur place, soit tour à tour, soit l’un derrière l’autre, pour qui prend la peine d’écouter. A partir de Born to run, c’est flagrant dans Thunder Road, par exemple, le morceau qui ouvre l’album.

Selon les morceaux, ce mur assourdissant écrase tout comme si la vie, le quotidien des existences que les chansons de Springsteen racontent était une fatalité, un truc dont on ne réchappe ni ne s’enfuit ; mais parfois aussi, cette fatalité est contredite, éclairée : une course en voiture, la soirée at al’s barbecue, l’espoir d’un véritable amour … ou la vision d’un accident le long de l’autoroute déchirent ce quotidien ; il est possible – comprend t’on, entend t-on, que le New Jersey et toutes les autres banlieues du monde, la vie dure de l’ouvrier … ne constituent pas l’horizon définitif.

Le saxophone de Clarence Clemons, dans Jungle Land ou ailleurs – car il n’est jamais très loin, c’est cet éclair, ce moteur de caisse américaine qui se met en branle en faisant un boucan d’enfer et va, c’est selon, mettre tout le monde d’accord, rameuter la bande, faire croire un instant que l’énergie ou le cœur peuvent nous arracher.

Il y a trois ans, je crois, c’est Danny Federici, l’organiste qui tirait sa révérence, on n’ en a pas beaucoup parlé ; aujourd’hui, celui sur l’épaule duquel Bruce s’appuie sur la pochette de Born to run ; The Big Man, parait-il, était son surnom.

The Boss, The Big Man… le E street band, la réunion d’individualités ?

Je ne crois pas : regardez bien les photos contenue dans the River, l’album (à l’époque, on achetait les albums et l’on passait des heures à regarder, lire savoir si c’était Bob Clearmountain qui était aux manettes au Record Plant Studio etc. On se foutait de la gueule de celui qui n’avait pas lu les petites lignes et confondait un truc évident, du style Peter Gabriel enregistre son premier album solo avec Bob Ezrin et pas Daniel Lanois) – elles montrent toutes autre chose : une équipe de gars mal habillés, chauves, petits ou grands, en chemise hawaïenne ou en futs patte d’eph, parfois avec des bretelles.

La ville immense est derrière ; ils sont là, tous, regardent l’objectif droit dans les yeux, Roy Bittan est déjà presque chauve et Miami Steve Van Zandt a son béret… The ties that bind, you can’t forget … the ties that bind.

Ces types chassent en bande, ils jouent ensemble, ils sont partis du New Jersey pour remplir des stades dans le monde entier. Je ne suis pas sur que chacun à son instrument égale Clapton, Coltrane ou Steve Gadd, je ne saurais pas le dire.

Mais je sais que, sans l’orgue et le sax, ça va commencer à devenir dur, Bruce !

Laisser un commentaire

*