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This article was written on 12 Oct 2006, and is filled under Editos du magazine En-Contact.

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Ne m’appelez plus jamais «webcam», 
mais plutôt «cybercaméra»

Source : ZDNet France – 7 novembre 2006

La Commission générale de terminologie et de néologie a encore enrichi la langue française de quelques termes à utiliser en lieu et place d’un certain nombre d’anglicismes liés aux nouvelles technologies. Petit bilan des nouveaux termes en vigueur.

Ce soir, vous aurez peut-être envie de regarder un bon blockbuster sur votre home cinema dernier cri, mais la Commission générale de terminologie et de néologie risque d’en prendre ombrage. Songez plutôt à user du bon français pour visionner une «grosse machine» sur votre «cinédom». Vous pouvez d’ailleurs faire sauter les guillemets puisque ces termes ont été consacrés dans le Journal officiel n° 214 du 15 septembre 2006.
Ainsi, est-il également conseillé de réinitialiser sa webcam en cybercaméra, et de parler de coparrainage plutôt que de cobranding. Quant aux veejays, ou video jockeys, ils acquièrent désormais le statut d’imagistes, qui ne font donc rien d’autre que… de l’imagisme. Et en matière audiovisuelle, ne vous avisez jamais plus de parler de story-board mais de scénarimage, c’est tellement moins snob.
Au détour de tous les néologismes anglo-saxons qui envahissent notre champ lexical à la faveur d’une démocratisation galopante des nouvelles technologies, mieux vaut tourner sept fois la langue dans sa bouche, avant de se risquer à injurier la francophonie, et parler par exemple de causette sur MSN Messenger plutôt que de chat, de minimessages plutôt que de SMS ou de messages multimédias plutôt que de MMS.
Si vous voulez manifester vos émotions dans ces conversations électroniques, préférez par défaut les frimousses aux emoticons ou aux smileys.

Quand le chat devient une petite causette
Surtout, ne vous risquez pas à accepter tous les cookies lorsque vous surfez sur internet, car ce sont en réalité des mouchards. Quant aux fenêtres pop-up qui polluent votre navigation sur le World Wide Web (pardon, sur la toile d’araignée mondiale), veillez à en activer le blocage, car ce ne sont en définitive que des fenêtres intruses.
Pour être sûr d’accéder à toutes les fonctions du web 2.0, installez par ailleurs tous les modules d’extension et appliquettes nécessaires – et non pas des plug-in ou des applets. Ne perdez pas de vue que le webcasting n’est rien d’autre qu’un moyen de diffusion réticulaire, le spamming un procédé détestable d’arrosage, et la hotline un simple service de téléassistance, rarement gratuit.
Enfin, si vous évoquez la vitesse de votre connexion à internet, préférez les éléments binaires par seconde aux bits par seconde. Évitez également d’évoquer la connectivité de vos différents périphériques, car leur aptitude à fonctionner en réseau s’appelle la connectabilité. Quant à la connectivité de votre réseau domestique, elle relève plutôt de la connexité. L’emploi de connectivité n’est pas incorrect mais déconseillé.
Les anglicismes se glissent partout, jusque sur les pages de votre blog, qu’il serait plus séant de qualifier de bloc-notes. Et s’il vous vient à l’esprit de poster une note depuis la salle d’attente d’un aéroport, ne perdez pas de vue que vous n’êtes pas dans un hot-spot mais dans une zone d’accès sans fil. Vous aurez tout loisir d’écouter en même temps une playlist (sic) sur votre baladeur MP3, et d’activer la fonction de fading à la fin de chaque titre, à propos de laquelle vous préférerez parler dorénavant d’évanouissement.
Par Philippe Astor – ZDNet France

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