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Comment nos chers ministres entendent favoriser la création d’emplois

Chapitre 1 : Les sollicitations

Le 4 juillet 2012, j’adressai aux ministères concernés cinq propositions pour créer des emplois dans les centres d’appels en France – il est possible d’après mes calculs d’en créer 25 000 en 2013 (voir communiqué), et compte-tenu de l’hécatombe en plans sociaux tout autour, un peu rêveur, j’imaginais… que ça les intéresserait, concernerait.
Ayant gardé quelques bons réflexes du télévendeur de base, je relançai – (tous ceux qui ont fait de la création de trafic en magasin, Cuir Center, Crozatier etc., ou qui ont simplement pratiqué la génération de leads en b2b ont appris une chose : il faut relancer le prospect ! Ce que je fis). Et hop ! Un coup de Salesforce et de FileMaker, et voilà les ministères via leurs directeurs de cabinet respectifs, inscrits dans mon CRM magique « campagne/création d’emplois dans les centres d’appels et les services clients », MM Pierre Maitrot (pour M. Moscovici), M. Philippe Beuzelin (pour Mme Pinel), M Stéphane Israel (Pour M. Montebourg), Mme Judith Herpe et M. Sébastien Soriano (pour Mme Pellerin). Six prospects, six opportunités de vente…

21 octobre 2012, résultat de la campagne ? chou blanc – enfin pas exactement, les résultats sont très mitigés. Présence à la conférence de presse du 4 juillet : zéro. Même motif évoqué partout : « Nous sommes débordés ». Taux de réponse, par contre, à mes propositions par courrier : 100%, échelonnées du 12 juillet au 11 octobre – voir courriers joints. Taux de vente et d’accords bruts ? zéro pointé. Tout le monde a botté en touche avec la même réponse, une objection que j’avais bien prévue, mais difficile à contrer : « Nous avons pris connaissance de vos propositions bla-bla-bla, c’est très intéressant bla-bla-bla, nous allons créer une commission ».

Chapitre 2 : Les leçons

Leçons 1 : soutenir l’activité courrier de la Poste

Comme il faut bien rigoler un peu, et que mon chef m’a demandé un reporting sur la campagne « création d’emplois dans les centres d’appels et les services clients », je lui ai fait le retour suivant : « Il y a des opportunités de vente à horizon… douze ans ! Le nombre de commissions créées est proportionnel au nombre de ministres sollicités. Un courrier égal une commission. Qu’est ce qu’ils sont malins ! Fallait la trouver l’idée : envoyer plein de courriers en masse pour soutenir l’activité courrier de La Poste. La plus rapide à répondre est Fleur Pellerin : J+8, talonnée par Moscovici – Montebourg médaille de bronze. Le coefficient de langue de bois pour différer la réponse et répondre non tout de suite tout en faisant croire, grâce à des formules qu’on n’apprend qu’à Sciences-Po et à l’Ena est égal à 1 ».

Leçons 2 : Pour rencontrer un ministre… déclenchez une panne

Si tu veux rencontrer une ministre, il vaut mieux déclencher une panne nationale chez Orange, elle accourt dans la demie-heure. Mais pour la création d’emplois, ils sont « débordés ». Je pense qu’ils ont trop d’opportunités.

Leçons 3 : Création d’emploi : (cos X) x commission x 8

la formule magique créée par Arnaud, Fleur et consorts est : « sachant qu’une commission, voire deux peuvent être créées par jour dans chacun des quatre ministères concernés par l’économie numérique, qu’une commission peut enrôler pour une mission vacataire dix personnes et que sa création génère autant d’emplois induits auprès de prestataires ayant fait allégeance, le taux de création brut d’emplois par jour est de 4x2x10x2=…160 ». Pas mal ! Mieux que le 39 49 de Pôle Emploi.
« Et pour le financement ? » m’a demandé mon chef.
« J’avais prévu l’objection : j’ai proposé dès 2013 une surtaxe sur chaque bulletin de paye dénommée CE2C : Contribution Exceptionnelle à la Création de Commissions.
Et la leçon finale de l’histoire, je l’emprunte aux Shadoks : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » ?

Manuel Jacquinet

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