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This article was written on 29 Nov 2011, and is filled under Editos du magazine En-Contact.

L’important, c’est le triple AAA

La couche bébé, la dette des états, l’andouillette, le bulletin scolaire… aucun des produits ou services qui nous accompagnent dans notre vie quotidienne n’échappe à l’exigence de la notation, du label.

La planète est gigantesque, nous allons sur la lune, des centaines de milliards s’échangent chaque jour en produits structurés… Mais dans cette profusion, ce qui nous rassure et permet de séparer du moins nous le croyons le bon grain de l’ivraie, le toxique du non toxique, c’est la notation, sous des formes et des acronymes différents. Et plus celle-ci contient de A, plus serein nous nous trouvons :

  • à moins que vous ne soyez sourd et aveugle, vous savez désormais que la bonne dette… est de la dette AAA ; en perdre un pour un patron de banque centrale, c’est descendre en CFA après avoir joué en première division du championnat de foot.
  • depuis quarante ans, le top du top de l’andouillette, c’est la AAAAA ; créée par 5 chroniqueurs amateurs de bonne chair, l’association amicale des amateurs d’andouillette authentique décerne en effet son précieux sigle après avoir vérifié la qualité régulière du produit …
  • le livret A qu’on croyait tombé en désuétude… se voit paré de tous les mérites depuis que la toxicité des dettes souveraines est avérée.

Mon dieu, mon dieu que voilà des choses compliquées ; d’autant que l’usage abusif de termes anglo-saxons semble depuis quelques années ajouter à ces écrans de fumée ; la bonne andouillette, c’est une assoc qui la distribue, le bon reblochon, c’est le concours agricole ; mais pour les choses sérieuses, j’ ai nommmé le flouze, l’oseille, c’est en anglais qu’il convient de parler : MOODY’S, STANDARD AND POOR, ça fait plus SERIOUS ; même la seule agence française admise dans ce saint des saints se dénomme… FITCH ;

En résumé, si vous n’avez rien compris, si vous confondez Fitch avec Abercrombie, Moody’s avec un groupe de rock progressif, les Moody blues, ouvrez vite votre Bled* de la relation client et répetez après moi :

  • le rating est devenu indispensable.
  • plus il y a de A dans la notation, mieux c’est.
  • la crédibilite du rating et de la notation sont étroitement liés à la crédibilité – sur le long terme – de l’évaluateur.
  • quand on s’est embêté très longtemps et pour très cher à obtenir le label, le prix, on communique dessus ; c’est un peu comme la plaque dorée du médecin en bas de son immeuble : s’il a été interne de la fac de PARIS, et bien … ça vous coûtera plus cher que le simple externe des hopitaux de la fac de Poitiers. C’est comme ça.

En matière de service client, le bon prix, c’est celui pour lequel vous êtes là ce soir ; même si leur prix a un petit défaut : eh oui, les gens de Viséo Conseil qui l’ont crée, ils avaient pas pensé au truc du A qui doit revenir souvent ; alors, si vous avez envie de vous la péter comme dit ma fille, vous n’avez qu’a dire que vous êtes EEEEEEE. Il y en a sept, des E dans Élu Service Client de l’Année !

Et si vous vous la pétez grave, prononcez en anglais : my customer service is 1111111.

Et si vous n’avez pas gagné cette année dites comme le célèbre baron : l’important, c’est de participer !

Manuel Jacquinet

* ouvrage est LA référence pour résoudre les difficultés de la langue française.

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