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This article was written on 26 Nov 2008, and is filled under Articles rédigés.

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Le Figaro économie – Centre d’appel en prison

Avis d’expert : vive les forçats… de l’expérimentation

En Italie, les détenus gèrent depuis 2003 les services de renseignements téléphonique de l’opérateur Telecom Italia.

Le projet récemment annoncé (fin juin 2008) de création de centres d’appels dans les prisons françaises n’est pas encore opérationnel qu’il a déjà suscité nombre de commentaires qu’on aurait espérés plus inspirés ou étayés : selon la CGT, «les centres d’appels exploitaient déjà des forçats du boulot. Ils vont employer des forçats tout court». Le Monde consacrait le 4 juillet 2008 un article à cette polémique sur le projet d’installation de centre d’appels dans deux prisons françaises.More...Pour rappel et information, une très large majorité des salariés des centres d’appels en France bénéficie de conditions de travail (80 % sont téléconseillers, télévendeurs ou chargés de clientèle en CDI), de rémunération, de formation qui n’ont rien de comparable avec celles des prisonniers de Fleury-Merogis ou d’Aiton.

En Italie, où l’expérience a déjà été menée depuis 2003, des détenus des deux sexes gèrent dans des prisons situées à Milan et à Rome, les services de renseignements téléphoniques pour le compte de Telecom Italia, avec succès ; ils sont plus d’une soixantaine, normalement rémunérés (aux conditions du marché) et formés avant leur prise de fonction durant quatre semaines (cf interview de Giovanni Cabras, Responsable de la direction de l’assistance chez Telecom Italia, sur www.en-contact.com).

Les français, grands voyageurs, apprécient à New York, à Barcelone, ou à Marrakech de faire garer leurs voitures, cirer leurs chaussures, emballer leurs courses. Pourquoi, à peine descendus de leur avion low cost, considèrent-ils de façon dépréciée les métiers du service client ?

La promiscuité, l’état de délabrement, la surpopulation carcérale sont de vrais scandales, tout comme dans un autre domaine et par exemple le nombre de RMIstes ou de sans-logis dans un pays pourtant considéré comme une grande puissance mondiale. Pas les expérimentations tentées ça et là par des hommes de bonne volonté : ceux-là doivent, comme Sisyphe, monter leur boulet, trouver des milliards ou vaincre les réticences pour financer le RSA ou le CAT. Mais peut-être que pour d’autres, aux indignations bien sélectives, faut-il que tout change pour que rien ne change ?

Manuel Jacquinet est rédacteur en chef du magazine « En contact », www.en-contact.com

6 Comments

  1. Mohammed
    14 avril 2011

    Lau, si tu considères que ce n’est pas un vrai métier essaye de passer la journée au téléphone à parler à des crétins qui ne savent pas brancher une box et qui te rendent responsable de tous les problemes techniques qu’ils rencontrent et qui viennent troubler leur vie de paaaaaaauve consommateur !

  2. Serrgio
    9 mars 2011

    Tout le monde a droit à une seconde chance, autant être utile à quelque chose.

  3. Rob
    8 mars 2011

    assez d’accord avec Alice…Les chômeurs honnêtes qui lisent ça doivent l’avoir mauvaise.

  4. Rob
    8 mars 2011

    assez d’accord avec Alice… Alice, marque italienne bien connue qui emploie des téléconseillers dans des prisons, quelle ironie

  5. alice35
    4 novembre 2008

    franchement, est-ce bien raisonnable tout ça ?
    les agences anpe sont pleines de gens à qui on n’offre pas de boulot, et voilà que le peu qui reste est donné aux détenus !
    à quand les mêmes mesures en france ?
    qui pour répondre ?

    alice de fougères (Ille-et-vilaine 35)

  6. Lau
    8 octobre 2008

    « Pourquoi, à peine descendus de leur avion low cost, considèrent-ils de façon dépréciée les métiers du service client ? »

    Peut-être parce que la vision qu’en a le français moyen est celle de l’étudiant qui fait ça en soirée pour gagner quat’ sous et qu’il ne s’agit pas d’un vrai métier.
    Peut-être aussi parce que « service client » est très lié, à tort ou à raison, à la notion de vente.
    Et peut-être aussi parce que le peu de considération que semblent montrer les centres d’appels pour les téléopérateurs qu’ils recrutent ne donne pas une image valorisante du métier. Toujours dans l’imaginaire, on est téléopérateur parce qu’on n’a rien trouvé d’autre (c’est-à-dire « de mieux »).

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