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This article was written on 12 Avr 2003, and is filled under Editos du magazine En-Contact.

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Au Toukomavan

Il y a quelques années déjà, le succès du Batifol à Paris aurait pu nous mettre la puce à l’oreille : dans cette chaîne de brasseries qui se développa à grande vitesse – et mourut malheureusement tout aussi vite – la nouveauté – garante de succès – consistait à nous faire apprécier (découvrir pour certains) la blanquette, le pot au feu ou une tête de veau persillée.

C’était l’époque où Jean-Pierre Coffe vitupérait sur Canal+ contre les faux jambons etc. Le mouvement du « Comme avant », de l’authentique ne s’est pas arrêté à nos assiettes : il transparaît dans les chemises à gros carreaux, il s’incarne dans la New Beetle, il culmine à Montmartre avec Amélie Poulain. Les nouveaux centres commerciaux n’échappent pas à la règle et voient fleurir simultanément des enseignes revival (Résonances), des magasins remplis de rééditions (casseroles, jeans, chaussures de sport, c’est la folie du vintage) ou qui sentent… comme dans la nature. Le nec plus ultra, vous le trouverez à Melun, au Carré Sénart où l’on nous promet gardes à cheval pour assurer la sécurité et démonstrations de palefrenier et de ferronniers…
Dans mes mauvais jours, cette époque remplie d’artifices, toute entière sacrifiée à l’illusion m’insupporte. Dans les bons, je constate que nous y avons gagné le retour de certains services : la livraison à domicile (INNO), les parkings gardés où l’on vous prête un vélo ; la réapparition de certaines images d’Epinal : le commerçant fromager ou boucher avec sa blouse blanche et son crayon derrière l’oreille. Un jour, vous verrez, c’est Dalida qui vous répondra à la hotline de Noos. Vous aurez composé Bercy 30-86, et vous aurez patienté non plus sur un S.V.I. mais sur un air d’Adamo et Dalida se saisira d’un téléphone en bakélite pour susurrer « Tou n’as pas changééé… ! »
L’an prochain, c’est sûr, je monte un stand au SeCA, le « Toukomavan »… Mais cette année, c’est trop tard pour être prêt. Et en vérité, je n’en aurai pas le temps : en avril et en mai, vous me trouverez à la cinémathèque, à la rétrospective Dino Risi. Revoir Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Alberto Sordi… dans toutes sortes de rôles d’escrocs, de lâches, de menteurs…
Le bonheur !

Manuel JACQUINET
Directeur de la rédaction

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